Un studio de jeu vidéo s'installe dans la classe. Pendant 10 ateliers, les élèves ne jouent pas à un jeu — ils en fabriquent un.
Recrutés par un jeune studio indépendant montréalais, les élèves répondent à un véritable appel d'offres lancé par une grande organisation internationale, et transforment un sujet sérieux en jeu sérieux.
La programmation ne pèse qu'environ 20 % du projet. Le reste, c'est de la recherche, de la création, des choix à faire, des problèmes à résoudre et beaucoup de collaboration numérique. Les élèves s'appuient sur des outils numériques professionnels et l'intelligence artificielle pour donner vie à leurs idées.
On ne vise pas un jeu fini : on vise un prototype Scratch qui prouve une idée, exactement comme dans la vraie vie, où l'on vend d'abord une vision avant de la construire.
Au bout du parcours, chaque équipe défend son prototype devant un jury, dans l'esprit de « Dans l'œil du dragon ».
Essor numérique, c'est apprendre à créer avec le numérique plutôt qu'à simplement le consommer.
Les deux appels d'offres — le cœur du programme. Choisir un appel d'offres (ONU ou OMS), s'approprier le sujet, écrire un scénario, créer les personnages et les décors, puis prototyper le jeu dans Scratch et le présenter. On y travaille la recherche, la vulgarisation, la narration, la pensée informatique et la prise de parole.
La quasi-totalité des jeunes utilisent déjà des IA génératives en dehors de l'école ; une minorité seulement y a accès dans un cadre encadré et expliqué. Laisser l'IA hors de la classe, c'est la laisser sans contre-pouvoir.
Faut-il pour autant tout autoriser ? Non. Des lignes rouges restent non négociables : vigilance sur les faux documents, refus de sous-traiter la correction à des systèmes opaques, protection des données des élèves. Mais ces interdits ciblés ne justifient pas une abstinence générale.
Une voie médiane existe, plus exigeante : faire de l'IA un objet d'étude à part entière. La faire travailler en classe pour montrer comment elle invente des références, uniformise les styles, efface certaines voix ; comparer ses réponses à celles des élèves ou des manuels ; et bâtir des chartes d'usage qui distinguent l'usage légitime de la triche.
Source : « Laisser l'IA hors de la classe, c'est la laisser sans contre-pouvoir. » — Le Monde ↗
📄 Télécharger le Cadre de référence de la compétence numérique (PDF) ↗
Pourquoi ces deux institutions
L'ONU et l'OMS sont au cœur de l'actualité, essentielles au bien-être mondial — et pourtant méconnues, souvent attaquées, régulièrement visées par la désinformation. Plutôt que d'imposer un discours, Essor numérique donne aux élèves des clés de lecture pour se forger leur propre opinion. C'est de la cybercitoyenneté en acte : apprendre à démêler le vrai du faux, à questionner les intox, à comprendre avant de juger.
Ce choix pédagogique repose sur une conviction simple : les vraies thématiques développent de vraies réflexions. En confrontant les élèves à des enjeux réels et actuels, l'atelier vise à dépasser une approche théorique ou abstraite du numérique pour l'ancrer dans le monde tel qu'il est.
On protège mieux ce que l'on connaît. Comprendre le rôle et les limites d'institutions bienveillantes, c'est aussi apprendre à les défendre, sans adhésion aveugle ni rejet simpliste.
Pourquoi un véritable appel d'offres
Parce que c'est avec de vrais outils qu'on développe de vrais réflexes. Un vrai texte, une vraie mise en contexte : d'un côté on évite le syndrome de la page blanche, de l'autre on acquiert des compétences de communication utiles pour tout le parcours scolaire et bien au-delà : savoir vendre un projet.
Et comme dans la vraie vie : lors d'un appel d'offres, on ne présente jamais un produit fini, mais une intention, une vision, une possibilité. Le prototype suffit à défendre l'idée.
iPad, Scratch, intelligences artificielles multiples, Procreate, Makey-Makey — les mêmes outils que les pros.
iPad
La tablette numérique, outil central des ateliers : recherche, création, captures, documents collaboratifs et programmation. Tout le pipeline d'un studio dans un seul appareil.
Apple Pencil
Le stylet numérique : dessiner les personnages, les décors et les interfaces comme les artistes des vrais studios — trait, pression, calques.
Makey-Makey
Le kit d'ingénierie électrique : circuits, conductivité, pinces crocodiles — pour transformer n'importe quel objet du quotidien en manette branchée sur Scratch.
Il n'existe pas une intelligence artificielle, mais des intelligences artificielles. Derrière chaque outil se cachent des entreprises, des cultures, des priorités et des choix technologiques différents. Choisir son IA, c'est déjà exercer son jugement numérique et développer sa cybercitoyenneté.
En classe, on en fait l'expérience : on compare les réponses d'un modèle à l'autre et l'on constate rapidement qu'elles divergent. Derrière chaque modèle se cachent des choix technologiques, des priorités et parfois même des perspectives différentes. Comprendre cette diversité, c'est développer son esprit critique et apprendre à utiliser l'IA avec discernement.
À retenir : écosystèmes géants, modèles très performants — et des données hébergées aux États-Unis, sous des lois différentes des nôtres.
À retenir : souvent gratuites et ouvertes, mais certains sujets sensibles y sont filtrés — un cas d'école parfait pour comparer les réponses et exercer son esprit critique.
À retenir : encadrées par le RGPD et l'AI Act — la protection des données n'est pas une option, c'est la loi.
En classe : comptes dédiés, gestionnaire de mots de passe, et un réflexe — se demander où vont ses données avant de taper. IA comparées durant les ateliers : ChatGPT, Claude, Gemini, Perplexity, DeepSeek, Qwen, Mistral Vibe, Lumo, Confer.
Un outil puissant n'est pas un outil neutre. On apprend à l'utiliser avec efficacité, mais aussi avec esprit critique.
🌱 Éco-responsabilité
L'intelligence artificielle n'existe pas dans un nuage magique. Elle repose sur des centres de données, des infrastructures énergétiques et des puces dont la fabrication consomme d'importantes quantités d'eau et de matières premières.
Les élèves découvrent que chaque requête possède un coût réel et réfléchissent aux impacts environnementaux du numérique.
On ne génère pas plus. On génère mieux.
🛡️ Cyber-citoyenneté et biais
Une IA reproduit les biais de ses données et peut inventer des références (« halluciner »). Ce qu'un élève peut fabriquer de crédible, d'autres peuvent le fabriquer pour manipuler.
Savoir lire un contenu, douter, vérifier : c'est le cœur de la cyber-citoyenneté.
⚠️ Créer plus n'est pas toujours créer mieux
Produire en grande quantité sans intention claire ni relecture, c'est fabriquer du « slop » : un contenu générique, répétitif et sans réelle valeur. Les élèves apprennent à éviter ce piège et découvrent les limites des versions gratuites des modèles d'IA.
Une bonne question vaut souvent mieux qu'une centaine de générations automatiques.
🔍 Privilégier la recherche
Une réponse n'est pas une recherche. Obtenir une réponse est facile ; comprendre un sujet est plus exigeant : consulter les sources, vérifier les faits, comparer, exercer son jugement.
Comme un bâton de marche lors d'une randonnée, l'IA aide à avancer — mais c'est toujours l'humain qui choisit le parcours.
L'objectif n'est pas de chercher moins, mais de chercher mieux.
Quatre écoles, quatre réalités. Le programme s'adapte aux écoles, et non l'inverse. Cliquez sur une école pour ouvrir sa fiche descriptive.
7 enseignants, 79 élèves, 4 écoles. Une analyse rigoureuse — filtrez par école, et par genre pour les élèves.
Comment les réponses des élèves et des enseignants sont transformées en données, puis en indicateurs mesurables.
Notre démarche repose sur trois niveaux complémentaires :
Pourquoi ces questionnaires
Deux regards complémentaires : les enseignants, qui observent le groupe sur la durée, et les élèves, qui vivent les ateliers de l'intérieur. Les questions ne sont pas posées au hasard : elles couvrent l'expérience, l'accessibilité, l'engagement, la confiance, les compétences numériques et le transfert au-delà des ateliers — autant de dimensions qu'on veut pouvoir suivre d'une école à l'autre.
L'échelle de notation, simplement
La plupart des questions utilisent une échelle d'accord de 1 (pas du tout d'accord) à 5 (tout à fait d'accord). Deux questions clés, la satisfaction et la note globale, vont de 1 à 10.
Pour chaque thème, on fait la moyenne des réponses : un score proche de 5 (ou de 10) signale un point fort, un score plus bas pointe un axe à améliorer.
Des réponses brutes aux chiffres
Chaque réponse écrite (« tout à fait d'accord », « plutôt d'accord »…) est convertie en chiffre, puis moyennée par thème et par école. Les commentaires libres, eux, ne sont pas noyés dans des moyennes : on les lit un à un pour faire ressortir ce qui revient — ici, l'importance de l'accompagnement, et le besoin de plus de temps et d'autonomie sur la programmation.
Aucune réponse n'est inventée ni arrondie à la hausse : quand un échantillon est petit (une seule réponse pour certaines écoles), on le dit.
Ce que les chiffres ne disent pas
Une moyenne lisse les écarts. Un 7 / 10 d'une école peut cacher autant de 10 enthousiastes que de quelques 2 à comprendre.
C'est pourquoi on garde toujours les verbatims à côté des scores.